(attention, c'est loooong)
Bon, Benjamin m'a sorti de ma torpeur "urgentiste" (c'est pas cool :p ) Et au détour d'une conversation ça m 'a un peu fait penser à ça : pourquoi les mecs en général, mais moi, en particulier, sommes mal à l'aise lorsque la demoiselle prend l'initiative de la drague ? C'est pire quand elles sont aussi crues qu'un mec, d'ailleurs... Ou pas... J'ai pas d'idée bien définie là-dessus. Bon, en ce qui me concerne, je crois qu'un peu quand même... J'ai un peu eu le déclic en revoyant mes photos postées il y a quelques jours. Avant ma perte de poids, c'était un peu le désert. Oh, j'ai été amoureux. Enfin, je crois. En CM2, j'étais raide dingue de Rhoda. Pendant l'année où j'ai vécu en Espagne, c'était Emilia (oui, même prénom que ma mère, mais je n'ose y voir une quelqueconque relation). A la fin de ma terminale, c'était un peu Laetitia (oui Benjamin, je sais, je sais...) et un peu de Séverine (ah qu'elle était jolie Séverine...) Le point commun, c'est que moi j'étais positivement intéressé. Les demoiselles en question n'ont, à de très rares exceptions près, jamais eu vent de mon existence.
En fac, après ma perte de poids, ça a été un peu la "découverte" : je pouvais séduire, et pas QUE avec mon sens de l'humour (souvent pourri, je l'admets), et en plus, là, d'autres possibilités s'ouvraient... J'imagine que j'aurai pu essayer de coucher à tout va, mais, même aujourd'hui, c'est pas le genre de la maison. Indécrottable romantique tendance souffrance idéalisante. Y'a plus sain, non ?
Mais même quand ça m'arrive aujourd'hui, "subir" la drague active d'une fille me mets mal à l'aise. C'est pourtant encore relativement rare... Mais j'ai été échaudé, faut croire... Le première fois que ça m'est arrivé... Fac, encore... Avant mon régime... Avec une fille que je faisais beaucoup rire (si, si, j'ai eu un bon sens de l'humour, une fois), et qui, en classe de catalan (pas de commentaires) ne cessait de se retourner lorsque je faisais des bons mots (la prof était géniale et cool et elle m'aimait bien... Les profs m'ont toujours bien aimé, en général, en fac...) Voyant ça, Delphine me taquine et me dit "avec elle, c'est dans la poche!"... Le "elle" étant la fille en question, pas la prof, hein, je vous rassure. Et me voilà en quète d'un stratagème afin de pouvoir aller au ciné avec elle... Je demande à tous mes amis de jouer le jeu et de dire qu'ils ont déjà vu le film, je ferai semblant d'avoir super envie d'aller le voir, et si tout se passe comme prévu, elle acceptera... Ca n'a pas loupé

Pathétique, mais efficace

Rendez-vous est pris pour aller voir le Roi Lion. Jusqu'ici tout va bien. Ca rentre encore dans mon cadre mental romantique. 3 jours avant notre rendez-vous, alerte incendie (entraînement, hein), on sort cool de la fac, et en descendant, Delphine me chatouille et je lache un cri qui n'avait absolument rien de viril. Ben oui, j'étais super chatouilleux, quoi. Bref. La fille voit ça et me dit avec un énorme sourire : "j'en connais un qui va crier au cinéma...". J'ai annulé notre sortie avec une excuse bidon le jour suivant, tellement ça m'avait refroidi

Petite nature, je sais. Mais je comptais pas non plus la tripoter entourés de gosses, non plus, peut-être

Non, moi je voyais ça comme mon premier rendez-vous avec une amie de Benjamin, quelques années plus tard, "D" (Benjamin : avenue de Wagram). Elle m'avait fait promettre de ne pas aller voir Titanic sans elle (bon, là, ça va, c'était de la drague soft). En sortant du film, je l'ai raccompagnée jusqu'à chez elle, nous nous sommes dit bonsoir, je l'ai embrassée... Elle m'a demandé si je voulais monter... ET J'AI DIT NON (oui, encore aujourd'hui, je me tappe la tête contre le mur en y pensant, je sais)... Mais au moins je reste cohérent avec mon idée de romantique...
Pareil avec La Sirène : on s'était croisés quelques mois avant de sortir ensemble, Delphine nous avait présenté. Je l'avais trouvée ravissante (bon, ok, j'avoue, j'avais craqué à 100% à la seconde où je l'ai vue, elle m'aurait fait croire sans problème que c'était Noël en juillet), mais visiblement, je ne lui avais fait ni chaud ni froid, ni tiède. Rien. Niente. Nada. Nichts. Nothing. ok, vous avez l'idée. Lorsqu'on s'est recroisé en janvier, pour l'anniversaire d'un ami, on se croisait seulement sur le balcon, pour fumer notre cigarette. C'est vrai aussi que j'étais déchainé, que pour une fois je faisais rire tout le monde sans être lourd, et tout et tout, et que j'avais un ticket de première avec une demoiselle blone qui, ironiquement, portait le même prénom que La Sirène.
Sur le balcon, donc, disais-je. Et vlatipa qu'elle se colle contre moi (son dos, je vous rassure), cherchant un peu de chaleur dans cette foide nuit d'hiver... Hum... Alors, ça m'a un peu énervé... Je lui demande "mais tu joues à quoi, là?". "Je joue pas, je suis moi"... J'ai rien de mieux trouvé à lui dire que "avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure". Ben oui, quoi, j'ai beau être désespéré, je n'en ai pas moins des principes

L'effet a été radical : elle est retournée à l'intérieur de l'appartement, les larmes aux yeux -à sa décharge, elle était vraiment fatiguée- et moi, je l'ai suivie quelques minutes plus tard. J'avais peur d'avoir plombé la soirée... Et faut être honnète, j'ai jamais pu resister à une femme qui pleure (surtout à cause de moi) Alors j'ai essayé d'être sympa, gentil, amusant... On a passé le reste de la soirée, elle et moi, cachés dans un coin, à parler, de tout, de nos vies, à boire... Et à s'embrasser... Je ne sais même plus comment c'est arrivé... Elle ? Moi ? Peu importe... C'était tellement naturel... Si excitant... C'était réellement magique. Comme si toute ma vie avait été tracée jusqu'à cet instant précis.
Et que fait un homme normalement constitué dans ces cas-là ? Il prend peur et il s'enfuit

Du coup, à la fin de la soirée, j'ai supplié Delphine pour qu'elle me raccompagne jusqu'à chez moi, qu'elle trouve une excuse bidon pour ne pas avoir à rentrer avec La Sirène. Heureusement (ou pas?) elle a refusé... C'est donc La Sirène qui m'a déposé devant ma porte... On s'est encore embrassés... Et je ne lui ai pas proposé de monter... J'en mourais d'envie, mais... Satané romantisme à deux balles....

Elle m'a avoué plus tard qu'elle avait été surprise...
Quant à son homonyme lors de la soirée, elle a eu un très bon mot : "il a retenu le prénom, mais il s'est trompé de fille"... Oh que non, si elle savait... C'était bien la bonne...
(décidément, ça ne loupe pas... J'essaye de commencer sur un sujet et je fini toujours par en revenir à elle...)