Un "cas" à part (part 2)
Par Serge, lundi 27 février 2006 { Ma vie, mon oeuvre } | 115 commentaires | aucun trackback
Ils se font la bise, se présentent officiellement. Il s'apprète à lui annoncer que, malgré ce qu'elle a pu lire, il compte bien l'inviter au cinéma, ce qui tomberait plutôt bien, puisqu'il n'a pas de liquide et qu'il ne peut payer qu'en carte... "J'ai déjà pris les places", lui dit-elle en souriant. Pour une fois, il ne réagira pas en macho de base. Au contraire, il sourit interieurement en se disant "c'est vraiment quelqu'un de bien". Ils s'insèrent dans la file d'attente, qui commence à grossir à l'approche de la séance. Il est tellement nerveux malgré tout, qu'il ne peut s'empêcher de parler, de plaisanter, de poser des questions (et écouter les réponses). Au final, les probablement 10 minutes d'attente lui sembleront étrangement courtes, et c'est presque à regrets qu'il avance vers la salle obscure.
Ils continueront à papoter jusqu'au début du générique, jusqu'à la dernière seconde. Ensuite, le film reprend ses droits. Il n'ose presque bouger, de peur qu'elle n'interprète un quelconque mouvement maladroit pour une tentative d'approche, mais c'est tout de même à peine s'il n'a pas envie qu'elle pose sa tête sur son épaule. Blotti au fond du fauteuil, il pourrait presque sentir la chaleur de sa présence et c'est agréable. L'heure quarante six passe rapidement, trop rapidement ? La salle se rallumme, les spectateurs se lèvent... Eux aussi, et quelques secondes après, il est un petit peu surpris de la voir s'accrocher à sa veste. Elle lui explique rapidement qu'un léger "accident" lui est déjà arrivé. A ce moment-là, il sent une pression supplémentaire : son sens de l'équilibre est tout sauf développé. Il ne s'agit surtout pas de glisser ou de trébucher
Mais il trouve ça agréable de servir de "béquille".
Ils sortent de la salle, arrivent dans le froid de la rue. Il ne veut surtout pas la laisser partir comme ça : ils n'ont quasiment pas eu le temps de parler. Il propose d'aller grignotter un morceau ou bien d'aller prendre un verre. Elle n'a pas très faim, lui non plus. Va pour le verre. Là encore, pas un moment de silence, la conversation est fluide et aucune gène ne s'est installée. Il en est étonné lui-même : tout semble si naturel. Comme si. Comme s'ils s'étaient déjà vus, parlé, raconté des histoires... Premier café trouvé : il refuse. C'est un petit café, certainement sypathique pour qui vient prendre son petit noir serré le matin, mais pas assez pour lui offrir un verre. Et les lumières sont trop vives, presques des néons. Bref, pas assez agréable. Dans les dédales des petites rues, ils tombent sur un café à la terrasse couverte. Ils arrivent alors que le groupe déjà présent se lève : ils auront la terrasse pour eux seuls. Et c'est tant mieux : lui préfère avoir une certaine intimité, pas d'endroit trop bruyant, ni rempli à ras-bord. Cette petite terrasse est parfaite. Elle prendra un cocktail de fruits, lui un Bushmills. Il a presque peur qu'elle ne le prenne pour un alcoolique notoire, mais ça fait trop longtemps qu'il n'a pas regoûté à un whiskey irlandais.
Deux heures plus tard, ils sont les derniers clients. Il est temps de partir. Quelques minutes de marche pour arriver à l'angle de la rue de la demoiselle. Il pense un instant la raccompagner jusqu'au pas de sa porte, mais là encore se ravise, ne voulant surtout pas qu'elle s'imagine qu'il tente de "monter prendre un dernier verre". Ils se disent bonsoir, et lui essaye de retrouver la station de métro. Première chose, arrivé chez lui, envoyer un mail :
Encore merci, X, pour la très agréable soirée. Et pour le film.}}
Et pour ta compagnie.
Mais ce n'était pas te "rendre service", mais plus égoïstement, me
faire plaisir
Bonne nuit
S.
Il dormira d'une traite : cela faisait des semaines que ça ne lui arrivait plus. Au réveil il verra que la demoiselle avait répondu à son mail par SMS. Premier sourire du matin. Le lendemain soir, il lui écrit un autre mail :
Bonsoir X
Fais-moi penser qu'à mon tour j'ai un petit service à te demander,
quand tu auras le temps. Ça ne prendra qu'une soirée
(...)
Bise,
S.
Il venait de lancer un bouteille à la mer. Restait à savoir si elle accepterait de renouveller l'expérience... Quelques (longues) minutes plus tard, il reçoit un mail à son tour...
(à suivre)








