Il y a des périodes, comme ça... Faut pas se poser de questions... Des liens se font, d'autres se défont... Puis il y des nouveaux départs. Des choisis, des subis. Des tentés et ratés, des réussis du premier coup. Certains attendront la fin de la semaine, d'autres, la rentrée scolaire 2006.
Dans tout ceci, j'ai forcément des souvenirs qui remontent (et, déjà qu'en temps normal, je radote pas mal...). Une phrase. "LA" phrase. Ze sentence. "Si je te quitte, ça n'est pas parce que je ne t'aime pas" qu'on m'aurait servi il y a déjà plus de trois ans. Ou le "Tu sais que je t'aime ? Tu sais qu'on ne se reverra plus ?" que j'ai extirpé douloureusement il y a sept mois... Et qui se voulait être libérateur. Qui l'a été, certainement, jusqu'à la Saint Valentin suivante ou elle a cru bon de se rappeller à mon bon souvenir... Mais qu'y a-t'il de pire, au fond, que de laisser partir alors qu'on aime ? Ne pas laisser partir. Et avoir le coeur et l'âme transpercés à chaque seconde, chaque son, chaque odeur.
Dans quatre ou cinq mois, mille kilomètres s'interposeront. Et j'attends ça. Avec angoisse. Avec envie. Avec l'envie de me dire qu'enfin, peut-être, je serai soulagé. Et serein. Et que je pourrais commencer à imaginer rencontrer quelqu'un, et non pas tenter de rencontrer "une autre comme elle". De toute façon, il n'y aura pas "d'autre comme elle". A jamais, ce sera "elle". Elle, avec ses contradictions : si forte et si vulnérable. Si femme sûre d'elle et si petite fille perdue. Si belle.
J'attends ce moment presque avec impatience : le moment où j'aurais le désir profond d'embrasser d'autres lèvres, de mordre d'autres corps, sans avoir à éprouver de culpabilité parce que ce ne seront pas ses lèvres, ni son corps.
J'ai pensé être prêt. Et j'ai eu peur. Je l'admets. La peur panique du mari pris en flagrant délit d'adultère. Les remords de celui qui reviendrait sur une promesse. Et à chaque fois, j'ai fait semblant. Semblant de ne pas voir chez d'autres "elles" des appels du pied, discrets ou explicites. Semblant de jouer le parfait gentleman, le parfait collaborateur au bureau, le type sympa qui joue au guide touristique... Presque envie de demander pardon pour avoir menti... Pour avoir fait semblant de jouer le jeu... Pour l'avoir joué et retiré mes billes dans la foulée.
Maintenant, il est temps d'avancer... Je vais peut-être relancer la bille... Et parier sur un autre numéro... Et je compte bien faire exploser la banque !