Ce devait être une simple formalité. Un nouveau magasin, le deuxième dans le pays. Il ne devait être là que pour vérifier que la phase de préindustrialisation des procédures était ok, et que les ouvertures suivantes pourraient se faire en mode quasi "autonome" par les prestataires locaux.
Tant mieux, d'autant que se déplacer dans cette ville au nom imprononçable ne l'enchantait guère. Bydgoszcz. Nan, sérieux, c'est pour faire péter les scores au Scrabble, ça.
En même temps, il aurait du avoir la puce à l'oreille : déjà quelques semaines avant le début des évènements, il s'était retrouvé à tenter de gérer des détails, qui ne lui incombaient pas, mais comme personne ne semblait s'y intéresser... A retrouver les contacts techniques utilisés lors du premier magasin, un an plus tôt, se faire un refresh sur la réalité fiscale sur place et les différents impératifs pour la facturation, par exemple... Au point de gérer l'hôtel pour 3 autres personnes (enfin, avec des infos contradictoires au fil de l'eau sur qui, quand, où...).
Déjà, levé à 4 heures du matin le lundi du départ, ça ne mets pas de bonne humeur, c't'histoire. Mais le Paris - Varsovie se déroule sans encombre. Arrivée à Warszawa : 17°C, il pleut. Super, ça commence fort ce petit voyage en Pologne...
4 heures d'attente avant l'avion suivant. Pas assez pour la jouer safe et se bouger dans Varsovie et revenir. Autant rester là. Dormir une heure dans le hall. Et observer ce peuple étrange qu'est l'européen de l'Est. Moralité : il peut jeter ses clichés à deux cents à la poubelle. Mais c'est peut-être pas dans un aéroport international qu'on a en face de soi la réalité locale, non plus.
Il passe au guichet de la deuxième compagnie aérienne afin de se débarasser de son sac. Jet Air paye pas de mine. La fille au comptoir, elle, est sacrément jolie. Blonde, cheveux courts. Et bizarrement, il est seul : personne d'autre n'attend l'ouverture du guichet. Alors le classique "passeport - bagage - billet" se fait un peu plus long, et les deux interlocuteurs plaisantent un instant.
Quelques minutes plus tard, c'est le moment de l'embarquement. Et il se dit que jamais il ne reviendra vivant : dans un coin éloigné de la piste se tient la chose qui va l'emmener à 300 bornes de là. Il sont en tout une dizaine de passagers. L'avion compte 18 places. Et deux hélices. Il monte à bord, il s'installe derrière deux business men allemands. Il demande : "et lequel de vous deux fait le pilote ?". Tout le monde rit. Mais ça a l'air plutôt nerveux, tellement personne n'est rassuré.
En fait, le trajet est super fun. Quand on aime le bruit des hélices et ressentir les moindres tréssauts de l'avion. C'est un peu ce que le kart est à la voiture. Tape-cul, pas confortable, mais put*** que c'est fun.
Arrivée à l'aéroport International de Bydgoszcz. 25 mètres carrés. Enfin, ptet un peu plus. Un seul taxi attend dehors. Tombe bien, il est le premier à sortir. Hop ! Hotel Ratuszowy. Plus tard il apprendra qu'on dit "Ratoushovè".
C'était un des deux seuls hôtels près du centre-ville. Celui-ci n'est qu'un 2 étoiles à 160 zlotys la nuits. L'autre, c'est le Pod Orlem, quatre étoiles qui semblait vachement moins fun. Là, c'est plutôt roots. Et là on ressent bien ce que devait être l'ère "rideau de fer" : le mobilier n'a pas du changer depuis. Mais c'est propre. Petit, mais propre. Et au fur et à mesure, il se liera rapidement avec les différentes personnes de l'accueil. Certains parlent anglais (rares). D'autre allemand (rares). D'autre que polonais (moins rares, pour le coup). Mais l'accueil est réellement chaleureux.
Dépôts des bagages, douche et petite sortie : les autres ne seront là que tard cette nuit, il est donc seul à Bydgoszcz pour la soirée. Direction : la grand place, juste derrière l'hôtel, où se tient un concert de jazz.
Depuis ce matin, le temps s'est largement amélioré. Il fait chaud et beau. Petite bière en terrasse, demandée en anglais "pidgin". Petit mail envoyé à deux trois personne. Un coup de fil à une personne bien particulière. Petite balade dans les rues du centre ville, puis retour à l'hôtel, direction grignottage au restaurant puis gros dodo parce que crevé de s'être levé à 4 heures (en ne s'étant couché qu'à minuit passé, bien entendu).
Mardi : arrivée à 7 heures du matin au centre commercial. Le responsable régional est déjà là. Il le connaît déjà : c'était un ancien responsable régional de magasins espagnols, et ils sont potes. Départ à plus de 22 heures. Lui n'est là normalement que pour regarder travailler un technicien et commencer à former les filles sur l'encaissement. Au final, la partie installation s'étant compliquée et devant attendre l'envoi de Paris d'un colis, il décide de mettre la main à la pâte. A décharger les colis avec tout le monde, à nettoyer, à mettre en rayon, à préparer les étiquettes, etc...
Mercredi et jeudi idem : le magasin ouvrira finalement en toute fin de matinée, avec près de 48 heures d'avance. Mais son colis n'étant pas arrivé, il devra attendre avant de repartir.