The One With A Job Well Done
Par Serge, mardi 31 mars 2009 à 19:57 | Ma vie, mon oeuvre | #324 | rss
Jolie surprise au détour d'un pause clope. M*, une collègue des bureaux madrilènes en formation chez nous pour la journée. Elle change de périmètre, mais nous avions un certains nombre de fonctions communes au cours des 5 dernières années, et sa disponibilité et gentillesse ne rendait notre travail que plus agréable. Et le contact passait franchement très très bien. Il y a des personnes, comme ça. Bref.
Depuis quelques semaines, son périmètre a été repris par d'autres personnes, avec qui le contact passe plutôt bien, même si tout le monde semble chercher ses marques. Et ce d'autant plus que ces personnes prennent un périmètre plutôt différent pour eux.
Et elle m'annonce : "tu as fait forte impression récemment, tu le sais, non ?". Moi (de retour de vacances pendant lesquelles j'ai déconnecté tous les neurones, et le passage à l'heure d'été mal digéré depuis) : "Gné ?".
Elle poursuit : "tu sais, pendant les soutenances des appels d'offre ! Il paraît que tu as super bien géré, que tu as super bien mené les débats, posé les bonnes questions, etc... Bref, tout le monde t'as trouvé génial, et super sympa !"
Trou noir... Rewind. Le contexte : changement de mainteneur pour nos magasins de la péninsule ibérique. Je passe les détails sur l'appel d'offre en tant que tel, et ses (longs) "préparatifs", sur les différentes traductions et réponses aux questions des candidats, bref. Rien que ça, c'était du boulot, c'est sûr, et ça tombait forcément pendant de périodes où tout le monde était déjà charette. Bref, du très classique. Au bout de quelques semaines on arrive enfin aux short-listés, et il s'agit donc de les rencontrer afin d'éclaircir certains points, poser certaines questions, bref, sentir un peu mieux les candidats, avant éventuellement un deuxième round, puis la sélection proprement dite.
Sauf, que ces soutenances, personne parmi les présents n'avait jamais vu comment ça se passait dans la vraie vie. Enfin, personne, de chez nous. J'imagine que les commerciaux des candidats sont rompus à cet exercice. Donc on avait fait appel quand même à une personne, qui bien que ne connaissant pas le dossier, connaissait bien la chorégraphie de la chose. Donc de très bons conseils...
Jour de la soutenance. Ça se passe en visio conférence. Ce jour-là, deux candidats. Un le matin, un l'après-midi. Moi, pas dormi de la nuit à cause du stress, réveillé à 4 heures du matin, debout à 4h15. Des cernes jusqu'au genou. Stressé, crevé. La soutenance commence. Comme de bien entendu, sous prétexte que je suis bilingue, je me coltine les traductions. Promis, à ce rythme, je postule bientôt pour devenir traducteur à l'ONU. Le plus dur ? Se concentrer simultanément sur ce qu'on entend, sur l'input, et retranscrire fidèlement en français pour les non hispanophones. En même temps. Vraiment. A devenir chèvre. Et vice versa, aussi, autrement c'est moins drôle. Bref. Chaque entretien devait durer 1h30 tellement on pensait qu'on allait pas avoir de questions. Au final, près de 3 heures chacun. Sauf qu'à l'ONU, il sont dans une cabine, avec un casque et un micro, qu'il peuvent relativement facilement choisir de privilégier l'un ou l'autre. Moi j'avais 4 personnes autour de moi, plus les 6 ou 7 personnes à l'écran.... Aaaaaaargh...
Ensuite, bien entendu, pendant que tout le monde parle d'un côté, de l'autre côté on commence à poser des questions, à les préparer, à se concerter etc. Même relativement discrètement, mais, certains points étant importants, le moindre mot peut faire une différence fondamentale. Et donc, pendant que d'un côté ça se concerte, des fois, c'est le silence qui s'installe. Alors faut un peu meubler, ne serait-ce que pour couvrir la conversation des personnes qui se concertent et qui pourraient donner quelques pistes ou indices aux candidats. Et donc j'ai fait comme je faisais il y a longtemps. Très longtemps. Vraiment une autre vie. Comme à la radio. Ou meubler du temps d'antenne, des fois, c'est un art.
Donc voilà, pendant 6 heures, de la traduction simultanée, de l'animation, de la reformulation, de la "pré-négociation" (la vraie négociation aura lieu plus tard, en deux temps), etc... LE-SSI-VÉ...
Et c'est aujourd'hui que j'ai un "retour" extérieur de tout ça... Pour autant, je crois que j'ai juste bien trompé mon monde, parce que j'ai principalement improvisé (sur un sujet que je connais certes très bien, mais ça reste de l'impro, au final). Je n'y avais pas accordé plus de réflexion que ça, sur le moment. Mais ça fait chaud au cœur, quand même.
L'autre nouvelle de la journée ? Je sens que ça va devenir gavant, à force : encore une augmentation. Qu'il convient de relativiser, parce que c'est, au final, ce qui avait été tenté d'être négocié dans un premier temps par mes responsables, et qui a finalement été régularisé. Hop, 100 euros de plus
Je vais finir par croire que je fais vraisemblablement du bon travail, des fois. Ou que je trompe là aussi bien mon monde. Je ne sais plus quoi penser.
Et là, j'ai trop la flemme de savoir si je vais douiller aux impôts de l'année prochaine... Auquel cas ce serait pas un si bon plan... Bref...
Bon, le travail à l'air de se décanter... Reste plus qu'à tenter de sauver les morceaux de la vie privée... C'est marrant, là, en revanche, je fais franchement un travail de m***de...
(Message perso : tu manques, crapule)





Commentaires
1. So... what !?!?›mardi 31 mars 2009 à 22:33
2. Serge›lundi 13 avril 2009 à 14:53
3. Serge›lundi 27 avril 2009 à 19:04
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