Message perso : Sandrine, je croyais que tu étais d'accord pour ne plus passer ici ?
Les quelques rares lecteurs avisés qui restent auront peut-être remarqué que dans l'ordre d'apparition des billets manque un numéro. Un billet "privé" qui ne sera pas publié, entre les deux "black-out".
D'ailleurs, en parlant de black-out, c'est plutôt reposant d'avoir une ligne téléphonique fixe en rade. Du coup, pour aller au bout de ce concept, j'ai même éteint le portable. Totalement déconnecté pendant ces deux semaines de vacances (oui, je suis souvent en vacances, visiblement, et c'est pas fini, puisqu'il me reste encore 10 jours à prendre avant le 31 mai... Enfin, probablement plus, mais j'ai pas eu le courage -ni le temps- de mettre mon compteur d'heures à jour la semaine dernière...).
La reprise -et ce jusqu'à juillet, probablement- s'annonce intense. Avec au moins deux allers-retours dans la péninsule ibérique (probablement 3 ou 4, dans les faits) que ce soit à Madrid ou Barcelone. Le projet en Arabie Saoudite semble entre parenthèses, mais je ne serai pas surpris si tout le monde se réveille au dernier moment. Et comme en ce moment, tout se fait quasiment sans budget, comme partout ailleurs, ça provoque des situations un peu ubuesques.
Jusqu'au mois de juillet, au moins. Parce que cette année est une année sans projets informatiques. Mais se greffent petit à petit des micro-dossiers (enfin, micro, micro, faut le dire vite). On se retrouve donc à être en mode "sans projet" et à en gérer 3 ou 4 de front simultanément. Ceux qui pensaient que 2009 allait être une année inintéressante en auront pour leur argent (enfin, là, non, faut pas se leurrer :)). Ceux, comme moi, qui voyaient 2009 comme l'année où l'on pouvait chercher à "stabiliser" l'existant, avec cette promesse tacite d'avoir une période "calme" afin d'analyser plus en profondeur, là aussi, en seront pour leurs frais.
Ce qui pose la question, tacite elle aussi, mais probablement abordée dans le billet "secret", de savoir si le prix à payer d'un point de vue personnel et physique en vaut la chandelle. Le diagnostic est ouvert, mais les symptômes sont là : à force de faire passer le pro avant le perso, et par conséquence, à force de combler, de façon bancale, le perso par le pro, je me rends compte que je deviens puant et amer avec mes proches. La fatigue, le stress et la nervosité ne sont pas une excuse, mais les symptômes.
Redéfinir les priorités... C'est une "promesse" faite dans ce fameux billet "secret". Trouver le juste équilibre entre investissement personnel au travail (nécessaire, hélas, par les temps qui courent) et réapprendre à vivre socialement. Parce que ça n'est pas sain, ce qui s'est passé. Pour x ou y raisons j'ai fait volontairement ou non un ménage terrible dans mon cercle proche d'amis et de famille. Ce ménage avait déjà commencé à l'époque de lA Sirène. Plus j'essaye de retracer les événements, plus je constate que c'est l'élément déclencheur. Les raisons, elles, sont multiples et vont de l'amour stupide et aveugle à ces espèces de complexes physiques et sociaux. Sans savoir encore qui de l'œuf ou de la poule... Bref... On pourrait analyser la suite par une tentative de protection bidon. Pas d'investissement personnel dans des liens sociaux quels qu'ils soient égal pas de possibilité de souffrir, parce que, nécessairement, arrive un moment ou l'autre déçoit.
L'inconvénient du ménage par le vide, c'est que, justement, la nature a horreur du vide. Et tout élément "étranger", extérieur, qui parvient à entrer, prend tout de suite une place importante. Le travail, par exemple. Mais également, des personnes. Dans une vie bien compartimentée, pas de souci. Dans une vie où, de par ce même vide, il n'y a plus ces compartiments, toute présence, nécessairement, déborde, de façon floue. Les limites sont perméables. Et parce que tout ce qui est rare est cher (ça, on pourra en rediscuter avec une optique économique plus tard), on devient possessif, exclusif et jaloux. Et parce que l'autre est réellement une bouée de sauvetage, on a tendance à s'accrocher telle la moule à son rocher. Sauf que la moule en question a tendance a peser de plus en plus lourd, et que la bouée ne peut supporter qu'un poids déterminé...
"Et là, c'est le drame."
Dans une vie intellectuellement stable, pas trop de souci. Le recul est possible. Moins, lorsque la stamina vient à manquer : avoir la tête sous l'eau n'a jamais aidé à réellement mieux discerner son environnement (du moins, sans un masque et un tuba) ou l'autre rive.
Oh, y'a du progrès : les dernières "vacances" ont été terribles. Passer de 200% à rien, d'un coup, ça fait un passage à vide extraordinaire, et les deux premières semaines ont été passées à lutter contre les immenses crises d'angoisse, les tremblements, les "on arrête tout -et on ne recommence surtout pas-", bref, rien de bien glorieux. Juste sur la fin, cette sensation de voir un peu mieux le bout lointain du tunnel. La reprise du travail a été terrible. Les deux premières semaines ont été subies avec une démotivation extraordinaire. Puis, petit à petit, c'est revenu. Au début, en essayant de ne pas tomber dans les mêmes travers. Avec un exemple simple : pas plus de 35 heures de travail par semaine. C'est bien plus reposant, et ça laisse le temps potentiellement de faire autre chose de sa vie que de travailler. Sauf que la réalité rattrape toujours bien trop vite. Et 35 heures, c'est pas tenable. Alors le cercle vicieux reprend... Bref...
Tout ça pour dire quoi ? Que c'est déjà pas mal de voir et savoir d'où vient le problème et de le verbaliser. Mais que l'étape suivante est la plus laborieuse. Et ce d'autant plus qu'elle se fera sans bouée. Et que ça ne sera pas facile de jongler entre ce besoin vital personnel de repli façon ermite et ce besoin vital humain de sociabilisation.
Pour arriver à quoi ? Là, par contre, je n'ai pas totalement la réponse... Encore.
Pardon pour cette sombre note.